Le K de Kairos, l’art de saisir l’instant
Article publié en février 2024
Avant, c’est trop tôt, après, c’est trop tard. Le terme Kairos peut se traduire par « occasion », « moment propice, temps favorable ». Cet instant plein de promesse qui ne se prévoit pas, ne s’installe pas, mais tient à la capacité de chacun à le saisir sur le moment sous peine qu’il disparaisse instantanément et définitivement. Le temps s’offre à nous comme un trésor. A nous d’en prendre conscience, de le goûter et d’agir.
Contrairement au Chronos qui désigne le temps matériel de l’existence humaine, le Kairos correspond à une autre approche plus spirituelle et intérieure du temps, mesuré non pas par la montre, mais par le ressenti. C’est le temps de Dieu par excellence. Le moment choisi pour l’accomplissement de l’action divine.
Comment saisir le Kairos?
Certains moments s’annoncent comme des moments clés, des tournants. A l’heure de prendre une décision existentielle par exemple, comment faire le bon choix? Comment saisir ce Kairos pour donner une orientation nouvelle à son existence?
Saisir le Kairos, ce n’est pas agir à la va-vite, sans discernement. Au contraire, le Kairos relève d’un raisonnement qui n’est pas soumis au jeu du hasard. Ce n’est donc pas s’en remettre à la chance mais agir sur la base de ses connaissances après avoir reconnu une opportunité.
Le Kairos s’applique à toutes les sphères, par exemple :
- dans le médical, l’instant critique où la maladie évolue vers la mort ou la vie
- dans le domaine militaire, ce qui fait basculer la guerre vers le succès ou la défaite
- au travail, changer de stratégie en pleine crise
Attention, le Kairos ne dépend pas de nous et il n’existe aucune règle assurée qu’il suffirait d’appliquer pour en profiter. L’art de saisir la bonne occasion au bon moment n’est pas une science exacte, cela réclame de la finesse, du flair, de l’intuition, de la vivacité d’esprit mais aussi la justesse du coup d’oeil!
Le Kairos est une notion employée par Carl-Gustav Jung pour élaborer son concept de synchronicité. Il est l’instant où la conscience d’un individu exprime une sensibilité particulière à la survenance simultanée de deux évènements en raison d’un état de son être. La coïncidence, alors perçue comme une correspondance, devient signifiante pour la personne qui l’éprouve. L’expérience du kairos relatée par l’analysant constitue un événement spécifique au sein d’un processus psychothérapeutique.