Si la douceur était un geste …

Article publié en décembre 2024

 Si la douceur était un geste…selon les neurosciences

 

«Si la douceur était un geste, elle serait caresse.» Anne Dufourmantelle dans Puissance de la douceur.

Nous savons, nous sentons intuitivement les bienfaits de mains tendres et attentionnées sur nos épidermes, parfois marqués de tristesse et de fatigue. Nous avons pu observer sur nous-mêmes et nos proches comment un simple toucher peut calmer les agitations, dénouer les crispations, éclairer un visage.

La peau est l’organe visible qui privilégie la relation à l’autre, elle ne se contente pas d’emballer notre corps.

Elle occupe le plus d’espace et contient le plus grand nombre de récepteurs sensitifs : un million cinq cent mille capteurs accueillent et identifient ce qui nous touche, puis transmettent au cerveau les informations qu’ils réceptionnent.

«La peau est un organe sensoriel aussi sensible et performant que l’œil, confirme le chercheur Laurent Misery. Alors, quand elle est caressée, les messages très complets qu’elle envoie portent sur l’intensité, le sens, la profondeur, la localisation, la température et les caractéristiques de la caresse.»

Quand la main nous touche, les récepteurs de notre épiderme sont stimulés de telle manière qu’ils rechargent nos batteries.

Ils provoquent dans le cerveau la sécrétion des neurotransmetteurs et des hormones liées au plaisir: les endomorphines qui calment, apaisent, adoucissent et plongent dans un état euphorique; l’ocytocine, dite «hormone de l’attachement», qui nous lie durablement aux autres ; la dopamine, qui donne de l’énergie régule l’humeur et diffuse du plaisir partout.

Elles se situent dans les zones duveteuses, autour des follicules pileux : le dos, les avant-bras. Leurs capteurs sont sensibles à la lenteur et à la légèreté du toucher.

Les scientifiques ont établi les conditions idéales pour qu’une caresse décuple le plaisir: qu’elle soit donnée sur une zone légèrement poilue, que la pression de la main soit modérée, que sa vitesse soit ni trop rapide ni trop lente, et que la température de la main qui caresse avoisine les 32 degrés, comme la peau humaine.

Mais attention, cette technicité nécessite des conditions particulières d’amour et de paix en étant investi physiquement et émotionnellement.

Pas de caresse au moment d’une dispute: elle risque de provoquer l’irritation du caressé.

Des informations affectives passent dans le toucher : si l’on est déprimé ou triste, ces informations passent aussi. Bref, c’est l’intention qui compte… et quand le cœur y est tout s’aligne.

Inspiré d’Hélène Fresnel